05/03/2009
cet article me scandalise !
De la bousculade à la violence conjugale
| |
La « mode » (car c'en est incontestablement une) de poursuivre toutes les formes de violences conjugales donne à ce propos un nouveau contour judiciaire.
Prenez le cas de Jamel*. Quand on lui signifie à la barre qu'il est prévenu de coups sur sa femme et l'une de ses filles, il est de ces regards et de ces pensées dont il vous est facile de deviner les sous-entendus. Ces mal-pensants auraient-ils raison ? Jamel va fêter ses 68 ans la semaine prochaine et vit en périphérie dijonnaise une paisible retraite de cheminot. Il est certes en instance de divorce d'une femme compatible en âge, épousée il y a bien longtemps et dont il a 2 filles dont l'une est étudiante en médecine et l'autre en gestion.
En juillet dernier, il s'est mis en colère car sa femme et l'une de ses filles voulaient aller à Dijon.
La colère étant mauvaise conseillère, il a vociféré qu' « elles allaient draguer alors qu'elles feraient mieux de nettoyer la maison et de faire le ménage ».
Ces propos-là conduisant vite à plus graves actions, une bousculade suit avec chocs contre les murs. L'une des filles pense que l'homme a un couteau, court chercher une bombe lacrymogène. Echauffourée, cris et presque hurlements.
Constitution de dossier
Les deux filles se sauvent vers le bar d'en face, ameutent les clients dont certains, avides de se mêler, comme il est de coutume, de ce qui les regarde peu ou pas, finissent par alerter les gendarmes. Et, soyons justes, il n'est pas certain que le fait que Jamel s'appelle Jamel soit pour rien dans la suite des événements, à savoir demande de certificats médicaux aux « victimes », rédaction de procès-verbal, transmission au parquet, audience (vaine) devant le délégué du procureur et enfin comparution en solennel tribunal correctionnel pour violence sur conjoint et violence légère sur la fille, le tout sans incapacité de travail puisque les certificats n'en mentionnent pas.
Tout respect gardé pour la justice et ses juridictions, la « partition » de ces sortes de dossiers donne lieu à une petite symphonie d'audience aux accents connus.
Me Delphine Baldini, partie civile, insiste sur le fait que le contentieux du jour n'a que peu de parenté avec la procédure de divorce et ne peut moins faire que de rappeler le respect dû aux femmes épousées ou non.
Le ministère public requiert tout de même 1 mois de prison avec sursis pour violence à conjoint et 120 € d'amende pour violence à la fille. Me Thérèse Gambier, en défense, rappelle que les certificats médicaux, rédigés deux jours plus tard, sont vierges de toute incapacité, que la police, alertée par les gens du bar d'en face, n'a trouvé aucun désordre dans la maison et pas la moindre trace de rixe violente, et enfin que le casier de l'homme poursuivi est exempt de toute condamnation.
Sagement et silencieusement assises sur le banc des parties civiles, l'épouse et la fille semblent patiemment attendre un verdict, qui, en toute hypothèse, ne va pas bouleverser notamment leur existence du lendemain : l'une est quasiment divorcée officiellement et en domicile séparé depuis longtemps, l'autre est majeure et étudiante.
C'est en ces moments-là que d'aucuns se prennent à méditer sur les « grandeurs et servitudes » des professionnels de justice dont la vocation de juger les autres n'avait peut-être pas envisagé de se préoccuper d'aussi banales scènes de la vie contemporaine. C'est ainsi : la justice, égale pour tous, doit aussi se préoccuper de tous.
En charge de cet insolite fardeau, le président a déclaré qu'il viderait son délibéré le 11 mars.
Guy THIERRY
http://www.bienpublic.com/actu/faitsdiv/20090305.BPA7999.html
16:31 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


Commentaires
en lisant cet article, je me suis dit: il doit blaguer!
et bien non, ce monsieur banalise tout simplement la violence conjugale et familiale.
au point de dire que c'est une mode que de porter plainte ou de sanctionner.
comment une rédaction peut-elle laisser passer un tel papier ?
je ne le met pas ici, cet article , pour leur faire de la pub, mais bien pour dénoncer des esprits étroits , une ignorance totale de ce que sont les violences et surtout un mépris total pour les femmes victimes!!
Écrit par : brigitte | 05/03/2009
j'avais exprimé mon mécontentement sur le site et voilà la réponse que j'ai reçu par mail, suivi de ma réponse :
> Message du 06/03/09 19:27
> De : "franck mauerhan"
> A : contre-coups@orange.fr
> Copie à :
> Objet : Vos réactions concernant la chronique judiciaire du Bien Public
>
> Bonsoir,
> Suite à votre réaction concernant son article, mon confrère Guy Thierry me prie de bien vouloir vous transmettre la réponse suivante :
> "Le sang froid est la vertu la plus indispensable en justice. Une rixe ne générant aucune incapacité n'a que peu de parenté avec les actions criminelles entraînant la mort d'épouse. Quant à la "mode", elle désigne une pratique qui, avant des instructions gouvernementales précises, n'existait malheureusement pas. Comme tout autre, je me réjouis des poursuites intentées de ce chef, mais ne les confond pas avec les disputes insignifiantes de la vie de tous les jours.
> Guy Thierry"
> Frank Mauerhan
> Coordonnateur Web-rédaction au Bien Public
bonjour,
je vous remercie d'avoir pris le temps de me répondre.
Néanmoins, je continue à ne pas être d'accord, Le collectif que je représente reçoit suffisamment, malheureusement de femmes subissant des violences psychologiques, physiques, financières et sexuelles, pour ne pas accepter la vulgarisation des violences.Où commence la violence pour vous?
Pour nous elle est dans la bousculade, dans l'ascendant, dans les menaces etc .Les violences psychologiques sont peu reconnues car, comme vous dites, elles n'entrainent pas d'incapacité mais est-ce l'incapacité qui fait le delit?
La société a mit longtemps à se pencher sur cela , dire que c'est "une mode" alors que c'est une prise de conscience dépasse mon entendement.La seule chose qui compte à mes yeux c'est que la violence soit dénoncée afin de déclencher une conscientisation générale et que cessent ses mauvais traitements.
Il faut côtoyer des victimes pour comprendre ce qu'is vivent et je me réjouie donc qu'aucune de vos proches ou proches de votre journaliste n'en soient victime.
merci de m'avoir lu
Brigitte Bugnazet pour le ccollectif contre-coups
Écrit par : brigitte | 07/03/2009
la france est un pays de matcho, c'est le pays des droits de l'homme mais pas de ceux de la femme.
les femmes sont exploitées, sous payées, violentées, humiliées, et cela chaque jours que l'homme fait et en toute impinité.
les statistiques officielles et mensongères donnent une moyenne de 160 femmes qui meurent de violences conjugales chaque année alors qu'il y en a au moins le double.
comment mes DAMES pouvez vous espérer une quelconque justice ou soutien de la part d'une société matriacale?
fuyez l'homme comme la peste si vous voulez vivre des jours heureux!
un renégat
Écrit par : olivier | 13/04/2009
merci Olivier de vous exprimer , mais personnellement, je ne fuis pas la gente masculine, je connais des hommes qui sont féministes et d'autres qui sont tous simplement respectueux , alors pour ceux-là je ne rejette pas le genre en lui-même.
mais là où vous avez raison c'est sur le nombre importants de victimes de ce système patriarcal .
Je pense que nous devons lutter au jour le jour contre ce machisme ambiant, dénoncer toutes atteintes à la dignité des femmes, tout dysfonctionnement sexiste dans la société .
et surtout éduquer nos garçons dans le respect des femmes et aprendre à nos filles à ne plus baisser la tête au prétexte qu'elles sont des femmes .
Écrit par : brigitte | 15/04/2009
Coucou, bravo pour avoir écrit ce texte sympa. assez enaccord avec la majorité de ce que tu dis et particulièrement avec ta position. Toutefois, c'est néanmoins vachement intéressant de découvrir un point de vue et original, c'est comme ça s'améliore. Toutefois, je suis contente d'avoir pu lire ton t article et j'en comprends l'essentiel. Je penserai à revenir commenter les prochains billets et même, si possible, essayer de collaborer avec ma maigre participation. Bises.
Écrit par : Chloé | 24/05/2011
je connais maitre baldini je pense que c'est une avocate qui se met à la place des autres qui m'est tout son coeur à vous défendre même si c'est l'aide juridictionnel qui paye alors que d'autres vous représente et basta donc si un jourvous avez besoin d'une avocate prennez là de+elle est très jolie et gentille toujours à l'écoute bref MMe tout le monde
Écrit par : tireau | 22/07/2011
Écrire un commentaire