29.06.2009
Les auteurs ont droit eux aussi à la parole
Violence conjugale
En France,une femme meurt ,sous les coups de son compagnon, tous les deux jours et demi La priorité de protéger et d'accompagner les victimes de violences conjugales a longtemps occulté la nécessité de traiter aussi les auteurs de ces actes. De nombreuses expériences montrent qu'un travail avec eux est possible et qu'il permet non seulement d'éviter la récidive mais aussi de briser la spirale de la répétition des violences à travers les générations.
C'est tout l'intérêt de la convention signée entre le tribunal de grande instance de Narbonne et le Mouvement français du planning familial (1). Son objet : la création d'une permanence d'accueil pour les auteurs de violences conjugales, comme elle existe déjà à Carcassonne et dans une quinzaine de villes françaises.
A partir du 7 juillet et une fois par mois, une permanence sera tenue à la Maison des services à Saint-Jean Saint- Pierre pour recevoir des volontaires ou des personnes faisant l'objet d'une injonction de la justice.
C'est pour ces dernières que le partenariat justice / planning familial a été conclu, comme une alternative aux poursuites ou pour remplir une obligation de suivi psychologique souvent prononcée en même temps que des peines de prison ferme, avec sursis ou mixtes (2).
« Nous allons essayer de systématiser la formule. Si c'est positif, le dossier est classé. Sinon, c'est éventuellement un retour à la prison », explique le procureur Bertrand Baboulenne.
Après un ou deux entretiens individuels, ces hommes et quelques rares femmes intégreront un groupe de parole, deux fois par mois.
Une équipe de professionnels les écoute : psychologues, éducateurs spécialisés, assistantes sociales, infirmières, conseillères conjugales...Leur mission est d'accompagner les auteurs vers la prise de conscience de leurs comportements et les amener à demander l'aide d'un tiers pour changer.
Et ça marche, comme le rappelle le sénateur audois Roland Courteau, auteur d'une loi en 2006 renforçant la prévention et la répression des violences conjugales : « Une expérience de ce type menée dans un autre département montre que seulement 7 % des auteurs ayant participé à ces groupes de parole récidivent ».
Le parlementaire étudie une seconde loi qui prendrait en compte la violence psychologique subie par les victimes et ses répercussions notamment sur les enfants.
Les violences conjugales sont de moins en moins admises dans notre société. Les femmes n'hésitent plus à briser la loi du silence. Ainsi, depuis un an, le nombre de plaintes a augmenté de 31 % au plan national et de 58 % dans le département de l'Aude.
(2) En 2008, 83 procédures pénales concernant des violences conjugales ont été enregistrées. 23 ont été traitées par la voie de poursuites alternatives (rappel à la loi, compositions pénales...). 60 ont donné lieu à des poursuites devant le tribunal correctionnel
Sid MOKHTARI
(1) Les autres partenaires sont la PJJ, l'ASM, le Spip, l'hôpital de Carcassonne, ABP 21 et Cdiff.
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